Cet après-midi, plus de 300 professionnels de la petite enfance étaient réunis devant la Fnac, place Victor Hugo pour manifester contre le décret inspiré du rapport Tabarot.

Place Victor Hugo, les trams sont arrêtés. Des deux côtés des rails, des manifestants avec des pancartes « SOS petite enfance » ou encore « Pas de bébés en consigne ». Céline Deslattes, conseillère municipale en charge de la petite enfance, a intégré le collectif Pas de bébés en consigne au mois d’octobre. «
C’est un collectif qui regroupe des syndicalistes de divers horizons et des professionnels non syndiqués », explique-t-elle.
S’ils sont réunis aujourd’hui, c’est pour protester contre le décret inspiré par le rapport écrit par Michèle Tabarot, députée UMP dans les Alpes maritimes, et porté au gouvernement par Nadine Morano, secrétaire d’état en charge de la Famille. Pour Céline Deslattes, «
pas question de céder à ce que veut le gouvernement ». Et que veut-il exactement ? «
Limiter le personnel, limiter la capacité d’accompagnement des enfants et créer une concurrence entre les crèches publiques et les crèches privées ».
Un décret au détriment de la qualité de travail
Cela se traduit par le passage de 50 à 40% du personnel diplômé pour les remplacer par des professionnels issus d’un CAP petite enfance. Actuellement, les puéricultrices ou auxiliaires et éducateurs spécialisés sont formés par des BTS ou par des études d’une durée de cinq ans. Même si personne ne dénigre le niveau du CAP, la crainte de ne pas trouver la même qualité d’accompagnement persiste.
Autre revendication : l’augmentation du nombre d’enfants à accueillir dans les crèches. «
En moyenne, il y a 65 enfants par établissement. Augmenter la capacité d’accueil revient à diminuer la qualité de l’accompagnement de chaque enfant », explique la militante du collectif. Elle poursuit : «
Par conséquent, le temps d’échange que les professionnels ont avec les parents le soir sera réduit puisque les professionnels ne pourront plus se détacher du groupe ».
Ce jeudi 11 mars est une véritable journée de mobilisation puisque 75% du personnel est en grève. Vingt établissements sur trente ont fermé leurs portes pour 24h. Une manifestation qui a été bien accueillie, en règle générale, par les parents. Une pétition a été lancée en octobre 2009 et sera remise à la préfecture dans quelques minutes. Une pétition qui a été signée en direct par Olivier Bertrand, conseiller général et candidat aux régionales sur la liste Europe écologie.