Accueil arrow Grenoble arrow Le recteur réagit au conflit à Stendhal

Le recteur réagit au conflit à Stendhal

le 15-05-2009 L'université Stendhal vient de voter pour une neutralisation du semestre. Comment cette réponseà une consultation peut-elle se traduire pour les diplômes ? Depuis le 5 mai, quelques tentes ont repris possession de la pelouse devant l’université de Grenoble 3.
Etudiants et enseignants, mobilisés depuis 14 semaines, ont finalement décidé de bloquer tous les accés aux bâtiments du 7 au 11 mai. Tous restent fortement mobilisés contre la loi LRU dite d’autonomie des universités, et la modification du statut des enseignants chercheurs. Pour tenter de faire avancer le débat et trouver une issue à la crise, la présidence à organisé lundi 11 mai une consultation de l’ensemble des étudiants et des personnels. 63,37% des étudiants se sont prononcés en faveur d’une neutralisation du semestre (voir détails page 9). Cette démarche, qui existe en cas de passerelle ou équivalence des étudiants qui passent d’un UFR à un autre, ne permet ni de valider, ni d’invalider le semestre. Il le compte pour nul. La présidence devrait se réunir demain vendredi 15 mai pour décider des implications de ce vote. Le ministère va t-il permettre cette neutralisation ? Avec quelle conséquence pour l’année prochaine ? Affaire à suivre. 

Les résultats de la consultation
La consultation organisée à l’initiative de la présidence lundi 11 mai a donné des résultats nettement tranchés.
Au total 1226 des 6000 étudiants se sont déplacés pour voter, ainsi que 183 enseignants-chercheurs et 109 personnels administratifs. Plusieurs points ont été soumis au vote. La reprise du dispositif pédagogique mis en place à la rentrée des vacances de printemps a été demandé par une forte majorité des étudiants (873 pour, 243 contre et 101 abstentions). La présidence fera tout pour le remettre rapidement en place (voir ci-dessus). Quand à l’organisation des examens de fin de semestre, 777 étudiants sur 1226, soit 63,37%, se sont prononcés pour une neutralisation du semestre et donc la non tenue d’examens, même adaptés comme l’avait proposé la présidence. Ce point pose un problème pour les étudiants en fin de diplôme par exemple mais aussi pour tous. La présidence travaille avec le ministère sur ce sujet. 

campus.jpg

Les dates :
• 2 mars : Printemps des chaises : Les chaises des salles de cours sont enlevées et empliées dans la hall central
• 6 avril  : Printemps des tables : Certains cours étant toujours assurés, les étudiants enlèvent aussi les tables. Certains cours sont alors donnés à l’extérieur. Les liens entre enseignants et étudiants s’organisent en dehors de la fac.
• 5 mai : Blocage filtrant. Seul le personnel administratif est autorisé à passer.
• 7 mai : BLocage total
• 11 mai : Consultation de des personnels et des étudiants.
• 12 mai : Levée du blocage.

L'interview :

Rencontre avec Lise Dumasy, la présidente de l’université Stendhal

“Je dois rester garante des contenus pédagogiques”

GEM : Comment recevez-vous les résultats de la consultation du 11 mai ? 
Lise Dumasy : Les résultats sont relativement clairs : les étudiants veulent la reprise de contenus pédagogiques mais pas d’examens. Ils sont inquiets sur la tenue d’examens qui ne seraient pas équitables, certains ayant eu des cours et d’autres pas. 
GEM : Les étudiants et une partie des enseignants demandaient une neutralisation du semestre. Aura t-elle lieu ? 
LD : Il est encore trop tôt pour le dire. Je réunis les enseignants demain pour décider des modalités de la fin d’année. L’important pour moi était de débloquer l’université et de reprendre le contact avec les étudiants. C’est chose faite. 
GEM : Comment mettre en place cette neutralisation ?
LD : C’est ce que nous tentons de décrypter juridiquement. Va t-on pouvoir valider ce semestre à posteriori l’année prochaine ? Dans tous les cas il n’est pas possible de refaire un semestre complet. Nous avançons pas à pas et n’excluons pas de travailler en fonction des situations des différentes filières de l’université. 
GEM : Certains étudiants sont en fin de diplôme. Quelle sera la valeur de leur licence ou de leur master ? 
LD : Je dois rester garante des contenus pédagogiques, et le ministère sera vigilent sur la validation des diplômes. Il faut à la fois préserver la qualité des diplômes, et les différents partenaires de ce conflit qui se sont exprimés lors de la consultation. Il n’y a pas de raison par exemple que les étudiants de master 2, dont le dernier semestre est consacré à la préparation du mémoire, ne puissent pas valider leur diplôme. Le site de Valence et l’ICM (institut de la communication et des médias) d’Echirolles ont fonctionné normalement. Il ne faut pas les pénaliser non plus. 
GEM : Comment envisagez-vous la rentrée de septembre ? 
LD : Si le ministère ne met pas d’huile sur le feu, avec notamment la sortie d’un texte sur la masteurisation annoncé mi-août, nous pourrons reprendre normalement. J’espère qu’il n’y aura pas de provocation. Il faudra de toute façon mettre en place des renforcements pédagogiques.
Propos recueillis par Mélanie Martinez

La réponse du recteur de l'académie de Grenoble

Jean Sarrrazin, rappelle que la plupart des diplômes délivrés par l’université sont des diplômes à caractère national qui font l’objet d’une habilitation ministérielle sur la base d’un programme d’études proposé par l’université, et que par ailleurs les droits sont attachés à la possession de ces diplômes par leurs titulaires. Garant du caractère national de ces diplômes certifiés par l’apposition de sa signature sur les attestations de diplômes, il indique qu’il ne validera aucun examen ou diplôme en cosignant les diplômes dans les cas où les enseignements non dispensés n’auraient pas été rattrapés. Il indique que ne sera pas admise la neutralisation du deuxième semestre qui permettrait à des étudiants de passer en année supérieure sans avoir passé d’examen sanctionnant l’acquisition des connaissances exigées. Il souligne le risque de remise en cause de l’habilitation délivrée à l’établissement pour la formation éventuellement concernée que ferait courir à l’université l’absence d’évaluation des compétences acquises par les étudiants. Il appelle la communauté universitaire grenobloise à sauver cette année universitaire en reprenant les enseignements dès lundi. Sachant la capacité de mobilisation des enseignants universitaires, leur conscience professionnelle et leur attachement à l’intérêt de leurs étudiants, il estime en effet que les six semaines qui restent avant la fin du mois de juin peuvent encore permettre de rattraper l’essentiel.


Des enseignants mobilisés
A Stendhal depuis le début du conflit, les enseignants sont très mobilisés. 
On estime entre 60 et 80% le taux de grévistes parmis les enseignants depuis le début du conflit. Une quarantaine, sur les 300 que compte l’université, sont également en démission administrative, c’est à dire qu’il refusent de remplir les maquettes destinées à organiser les cours l’an prochain et retiennent les notes du 1er semestre. Parmis eux, Olivier Kraif est maître de conférence en informatique, et directeur du département informatique de l’université Stendhal : “Nous sommes fortement mobilisés car le nouveau modèle d’université qu’on nous propose n’a rien à voir avec notre conception du service public” explique t-il. Aux côtés des étudiants, il plaide lui aussi pour une neutralisation du semestre.


Écrit par Mélanie Martinez Dernière mise à jour : ( 13-06-2009 )

Commentaires

Rechercher

Ajouter un commentaire






Saisissez le code que vous voyez.

< Précédent   Suivant >
 

L’agenda officiel
des évènements

Grenoble: Il n'y a aucun événement pour le moment

Cinéma
à l'affiche


Newsletter

Inscrivez vous

Recevez gratuitement la newsletter personnalisée Grenobe & Moi. Infos, Evènements, Horoscope, ...

S'inscrire à la newsletter

Donnez votre avis

Le GF 38 va-t-il se maintenir en Ligue 1 ?
 

Donnez votre avis

Le débat sur l'identité nationale, vous en pensez quoi ?
 

Donnez votre avis

Les régionales, pour vous...