Après Versailles Rive gauche et Dieu seul me voit, Versailles chantier, Bruno Podalydès revient sur grand écran avec son nouvel opus, Bancs publics (Versailles rive droite). Une comédie bien française, légère et gentillette sans action, sortie depuis le 8 juillet.
Tout commence dans le métro avec l’interminable trajet d’une femme
ordinaire au travail à Versailles. Le décor est planté. Trois
secrétaires dans un bureau. Tout d’un coup, un regard attiré par une
banderole « HOMME SEUL », accrochée sous la fenêtre de l’immeuble d’en
face. Est-ce une blague ? Un homme au bord du désespoir ? ou simplement
un homme en mal de sexe ? Les voilà parties enquêter sur ce mystère.
Puis changement d’ambiance. Nous voici ensuite transportés dans le «
square de Francine » et dans le Brico-dream, où les clients observent,
mesurent, et angoissent de ne pas repartir avec les bons produits. Les
vendeurs, en sureffectif, s’occupent comme ils peuvent.
Too much
Les scènes s’enchaînent, les acteurs connus aussi. De Josiane Balasko à
Benoit Poelvoorde en passant par Catherine Deneuve, Les inconnus et
Pierre Arditi, plus de 80 grands noms du cinéma français se succèdent.
À n’en plus finir. Les dialogues aussi fusent. « Elle est gentille,
mais elle a pas inventé les post-it » Avec plus ou moins de sens, les
répliques sont chocs et marrantes. Des enfants courent, deux mères
discutent, des parents s’inquiètent pour leur bébé, deux vieux copains
jouent au backgammon. Les situations loufoques et décalées plaisent au
début. Mais très vite, le spectateur se lasse. Un trou dans le magasin,
un ballon en forme de perceuse remplie à l’hélium qui explose, le
Brico-dream se transforme en brico-drame. Pour nous aussi, c’est le
drame. Le « too much » nous submerge tant le film se met à ressembler à
une foire aux gags théâtralisée.
De belles performances
Il faudra le talent des acteurs pour sortir le spectateur de son ennui
: Elie Semoun en mauvais dragueur, Vincent Elbaz en jogger raté ou
encore Pascal Legitimus en client pointu. Et la perle, la valeur sure,
Chantal Lauby ! Retour aux temps des Nuls et de la Cité de la peur
(1994). Et pour égayer le spectateur, Podalydès glisse des références
au film culte pour toute une génération. Une Odile sur l’interphone, un
Simon dans l’entreprise, les clins d’œil ne laissent pas le public
indifférent. Hélas, cela ne nous empêche pas de succomber à une grande
envie de dormir.
Alors oui, nous avons ri parfois, mais non, nous ne
vous conseillerons pas de prendre place sur les bancs publics de
Podalydès.
Écrit par Marine Combe Dernière mise à jour : ( 17-07-2009 )